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Séminaires d’élèves

Freaks. écriture de la marge et du monstrueux

Hervé Goerger, Arthur Ségard

Les freaks emploient une rhétorique de naturalisation de l’écart, à portée politique. C’est cette rhétorique et ses paradoxes qu’il s’agira d’élucider. Comment se revendiquer comme auteur ou comme artiste lorsqu’on se revendique par ailleurs comme déviant, voire comme monstrueux ? Quels sont les usages sociaux du stigmate ? À quelles conditions est-il compatible avec des processus de légitimation ?
Foucault note que l’histoire des anormaux « commence tout simplement avec King Kong, c’est-à-dire qu’on est tout de suite, d’entrée de jeu, au pays des ogres. La grande dynastie des Petits Poucets anormaux remonte précisément à la grande figure de l’ogre. (...) Comment donc l’espèce de grande monstruosité exceptionnelle a pu finalement se distribuer, se partager, dans cette nuée de petites anomalies, de personnages qui sont à la fois anormaux et familiers ? » Cette interrogation, qu’il posait alors dans une perspective d’histoire de la psychopathologie, est pertinente dans le champ de la littérature et des représentations culturelles. Le freak n’est jamais un monstre au sens propre, il est un anormal quotidien en qui subsistent cependant de manière implicite les attributs les plus conventionnels du monstrueux, à l’image du personnage de Leos Carax, Monsieur Merde, va-nu-pieds difforme et dangereux, à qui une séquence des films Holy Motors et Tokyo ! est consacrée, et qui est traité à l’écran de la même façon que Godzilla dans les films de monstre japonais. C’est en grande partie à travers la culture populaire que la figure du freak subsiste jusque dans la littérature contemporaine, dans des oeuvres qui convoquent certains codes cinématographiques du monstrueux pour décrire la déviance sociale ou sexuelle, comme Zombie de Joyce Carol Oates (1995) ou de Leïla Slimani (2014).
Nous nous focaliserons surtout sur l’analyse d’écritures, au sens large que donne Roland Barthes à ce mot, c’est-à-dire d’oeuvres littéraires, mais aussi de chansons, de scénarios et de mises en scène. Nous prévoyons aussi de consacrer quelques séances d’histoire culturelle à la figure du monstre au cinéma et à l’héritage des “freak shows” dans la photographie contemporaine (à travers l’études des oeuvres de Diane Arbus, Bruce Gilden et Arthur « Weegee » Fellig).

(S1) DATES ET salle à préciser
(S2) MARDI 17H-19H, SALLE WEIL

 

Géographie Pasolini

Jessy Simonini

Pier Paolo Pasolini (1922-1975) est considéré comme l’un des plus grands intellectuels italiens du XXe siècle ; sa production s’étend de la poésie (en langue italienne et en langue frioulane) à l’essai, du roman au cinéma, et traverse les grands changements économiques et sociaux de l’Italie de l’après guerre, avec une regard critique et politique sur la société de son époque.
L’idée de ce séminaire d’élève est de proposer un nouvelle approche de cet auteur : une approche géographique, qui s’interroge sur la totalité du corpus de Pasolini mais dans la perspective des lieux qui marquent sa biographie et ses oeuvres. Dans ce parcours, qui ne se limite pas à l’Italie mais qui s’ouvre aussi à l’Afrique et à l’Inde, nous aurons l’occasion de découvrir ensemble des textes méconnus.

Les deux premières séances du séminaire seront consacrées à la géographie de la jeunesse bolonaise de Pasolini et à son éducation intellectuelle, mais aussi à la présence de Bologne dans certaines de ses œuvres (notamment dans les films).

Mercredi 11 octobre, de 17h à 18h30, Salle Celan : séance d’introduction
Mercredi 18 octobre, de 17h à 18h30, Salle Celan : deuxième séance

Site web du séminaire : https://pasoliniens.wordpress.com/ 

 

Le littéraire face à l’Histoire

Mathieu Roger-Lacan

Congédiée depuis le dépassement par les structuralistes des théories londoniennes, la question du rapport entre littérature et histoire retrouve une actualité depuis les années 1990, notamment lorsqu’elle est abordée depuis un autre champ disciplinaire que celui des lettres. Symétriquement, nous nous demanderons comment les chercheurs en littérature peuvent à leur tour aborder le matériau historique, en conservant l’épaisseur que confie au texte sa littéralité. Il ne s’agit donc pas de ramener un objet littéraire à son contexte historique ou biographique de production, mais de comprendre comment il est indissociable d’un matériau historique et politique particulier, qui ne s’impose pas à lui de l’extérieur mais que l’écriture contribue à configurer de façon dynamique, produisant ce qu’on cherchera à définir comme une "historicité littéraire".
Sont prévues six séances de séminaire d’octobre à décembre, d’un format de 2 heures, en menant un aller-retour entre une lecture intensive d’un texte et un travail de contextualisation, qui permette d’éprouver l’hypothèse d’une historicité littéraire.
Le séminaire cherchera plutôt à faire intervenir les étudiants, mais certaines séances seront également l’occasion d’un dialogue avec des invités (possiblement : Judith Lyon-Caen, Maurizio Gribaudi).
On s’intéressera à la période du XIXe siècle, en particulier à sa seconde moitié, à partir du traitement fictionnel des expériences de juin 1848 et du coup d’État du 2 décembre 1851.

Corpus prévisionnel : Baudelaire, Hippolyte Castille, Flaubert, Mallarmé, Sand.
Salle CELAN les jeudis 12/10, 19/10, 23/11, 14/12/2017 ; salle à préciser pour les jeudis 14/11 et 07/12/2017 ; 18h00-20h00.

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